Sainte Hildegarde de Bingen - Scivias

17 septembre 2019

L’homme cosmique regarde en direction du sud

Le monde de la maturité

Dans sa quatrième vision du Liber vitae meritorum(Le livre des mérites de la vie), Hildegarde voit l’homme cosmique regarder en direction du sud. La terre sur laquelle il se tient est riche en énergie de vie (viridité) et en humeurs ; elle lui procure les fleurs et les fruits (ornements) caractéristiques de la maturité. 

Cette direction de l’espace est en connexion avec la section du corps cosmique comprise entre les genoux et les pieds ; elle symbolise la sexualité, la fertilité et la vitalité. Huit vertus opèrent ici, qui représentent l’œuvre de Dieu sur l’humanité par Jésus-Christ. (Elle vont être développées dans la suite). Elles sont les forces répandues dans le monde avec sa résurrection. En étudiant le message du Christ, nous pouvons les développer en nous et venir plus près de sa suprême sagesse. 

Wighard STREHLOW, La guérison du corps et de l’esprit selon Hildegarde de Bingen, Saint-Jean-de-Braye, 2002, Editions Dangles, p.213

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12 septembre 2019

L’OSEILLE DES PRES (Amphora)

L’oseille des prés n’est ni froide ni chaude, mais d’un juste milieu : elle ne vaut donc rien à manger pour un homme anormalement soucieux. Et si un homme ne mangeait, elle le rendrait triste et répandrait exagérément ses propriétés dans ses organes ; mais elle est utile pour la nourriture du petit bétail ainsi que des bœufs, car ce qui, en elle, ne profite pas aux forces de l’homme, profite à celles des animaux. 

Hildegarde de Bingen, Le livre des subtilités des créatures divines, Physique, Les plantes, les éléments, les pierres et les métaux, Traduit du latin par Pierre Monat, Editions Jérôme Million, Grenoble 2002, p.61.

Oseille des prés

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10 septembre 2019

LE CAMPHRE (Gamphora)

Le camphre, ou encore gummi, est totalement froid, et l’arbre d’où s’écoule le camphre a une fraicheur acide et pure. Et si quelqu’un mangeait du camphre pur sans l’adoucir avec des plantes, le feu qui est en lui se trouverait arrêté par le froid du camphre. Et, par sa puissance, il bouscule aussi le feu qui est en l’homme, si bien que l’homme, semblable à du bois qui pourrit n’est plus froid ni chaud dans son corps. Que par conséquent nul n’en mange à l’état pur !

Il faut prendre de l’aloès et de la myrrhe en poids égal, du camphre, à peine moins que l’un des deux premiers produits, les faire couler ensemble dans une coupe, ajouter un peu de laitue, puis, avec tout cela et de la fleur de farine, faire des galettes, les faire sécher sur une pierre passée au four, ou au soleil, puis les réduire en poudre et prendre un peu de cette poudre, souvent, à jeun, dans de l’eau de réglisse chaude. Si on est fort et en bonne santé, on sera alors étonnamment plus fort et en meilleure santé, et on verra ainsi son énergie renforcée ; et si on est faible, cela redresse et réconforte admirablement, tout comme le soleil illumine un jour sombre. 

Hildegarde de Bingen, Le livre des subtilités des créatures divines, Physique, Les plantes, les éléments, les pierres et les métaux, Traduit du latin par Pierre Monat, Editions Jérôme Million, Grenoble 2002, p.60-61.

camphre

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05 septembre 2019

LA CIGUE (Scherling)

La ciguë est chaude et dangereuse : si un homme en mangeait, elle détruirait tout ce qu’il y a de bon et de bien équilibré dans son sang et ses humeurs, elle provoquerait en lui de ces épanchements malins semblables à une tempête qui provoque l’agitation de l’eau ; et après cette tempête, elle laisserait chez lui les pires infections et les pires maladies. 

Mais si quelqu’un a été violemment frappé à coups de triques et de bâtons, ou est tombé d’une certaine hauteur, au point que sa chair et ses membres sont tout contusionnés, il faut faire cuire de la ciguë dans de l’eau, puis, après avoir enlevé l’eau, la mettre sur le membre qui souffre et faire tenir avec un bandage. Elle dissipe les humeurs qui sont rassemblées là, car habituellement la ciguë dissipe. Et encore, si quelqu’un, à la suite d’un coup ou d’une chute, a une enflure entre la chair et la peau, faire chauffer de la ciguë dans de l’eau, l’attacher sur la tumeur et celle-ci disparaîtra… Mais pour quelqu’un dont l’un des membres est enflé par suite d’une maladie sans cause externe, la ciguë ne vaut rien : si on en plaçait sur ce membre, les humeurs qui devaient se déplacer à cause de la faiblesse des parties enflammées, puis sortir de la chair, seraient au contraire poussées par elle à l’intérieur de l’homme et risqueraient de revenir. 

Hildegarde de Bingen, Le livre des subtilités des créatures divines, Physique, Les plantes, les éléments, les pierres et les métaux, Traduit du latin par Pierre Monat, Editions Jérôme Million, Grenoble 2002, p.59-60.

Cigue

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03 septembre 2019

LE CRESSON (Pefferkrut)

Le cresson est chaud, humide, et son humidité est modérée. Il est bon à manger pour les bien-portants comme pour les malades. Et ce qu’il a d’amer en lui ne brûle pas l’intérieur de l’homme, mais le soigne. 

Si on a le cœur faible et l’estomac malade, il faut en manger cru, cela redonne de la force. Si on a l’esprit rempli de tristesse et qu’on en mange, il redonne la joie. Si on en mange, il soigne également les yeux de l’homme et éclaircit la vue. 

Hildegarde de Bingen, Le livre des subtilités des créatures divines, Physique, Les plantes, les éléments, les pierres et les métaux, Traduit du latin par Pierre Monat, Editions Jérôme Million, Grenoble 2002, p.59.

cresson

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31 août 2019

Luxure/chasteté Fin (vice et vertu n°22)

Guérison spirituelle de la luxure

La luxure, la volupté et autres excès d’ordre sexuel se guérissent par la pratique intense du jeûne et de l’exercise physique. Hildegarde recommande en plus le port de vêtements en fibre rugueuse et les bains froids accompagnés de massages à la brosse. De même, la prière quotidienne peut être une aide salutaire. Pour cela, se tourner vers la Bible : Psaumes 19 ; 24, 3-4 ; 51 ; 119, 9 ; Matthieu 5, 8 ; Philippiens 4, 8-9 ; 1 Timothée 5, 22 ; Hébreux 5, 8 ; Philippiens 4, 8-9 ; 1 Timothée 5, 22 ; Hébreux 13, 4 ; 1 Jean 3, 1-3. L’on peut également recourir à des rituels pour fortifier son amour pour Dieu et augmenter ses chances d’un meilleur rétablissement, et finalement simplifier sa vie à tous égards au lieu de la gâcher avec l’esprit de luxure. 

Wighard STREHLOW, La guérison du corps et de l’esprit selon Hildegarde de Bingen, Saint-Jean-de-Braye, 2002, Editions Dangles, p.211.

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30 août 2019

Luxure/chasteté 6 (vice et vertu n°22)

Correspondance physiologiques

La luxure, la volupté, la surabondance, l’excès et la superfluité sont en relation avec la pathologie du système nerveux dans la région des vertèbres lombaires, et plus particulièrement de la vertèbre L3. Cette région commande au côlon descendant, au rectum et au système génito-urinaire, notamment aux organes génitaux externes, à la prostate, à l’utérus et aux ovaires. Le nerf génito-crural commande au muscle iliaque, aux muscles de la hanche, de la cuisse et de la jambe, au plexus lombaire, au fessier, aux artères et veines de la jambe. Cette région du corps est responsable de la vitalité des organes génitaux mâles et femelles. 

Wighard STREHLOW, La guérison du corps et de l’esprit selon Hildegarde de Bingen, Saint-Jean-de-Braye, 2002, Editions Dangles, p.210.

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27 août 2019

Luxure/chasteté 5 (vice et vertu n°22)

Paroles curatives de chasteté

La chasteté réplique à l’obscénité : « Je suis libre et donc ne m’attarde pas dans cette saleté et cette perversion ignobles. Je te méprise, parce que tu n’es qu’un séducteur extravagant. Je ne veux pas être anéantie pour m’être laissé aller au relâchement. Je n’emploie pas un langage répugnant, qui abaisse la sexualité au niveau des caniveaux. 

« Mon aspiration et mon désir vont à l’amour le plus exquis, celui qui nourrit la vie et mon prochain. Je suis assise au soleil à admirer le Roi des rois. Si j’agis ainsi, c’est par amour pour Dieu. Je suis une symphonie de vie et j’aime la musique engendrée par le respect et la compassion, gages d’harmonie. 

Je ne permettrai pas que cette magnifique création soit détruite, ni que la sexualité devienne quelque chose de sale et de répugnant à cause d’offenses sexuelles ou d’ignobles obscénités. Le ciel et la terre nous jettent dans la confusion parce que toi, l’obscénité, tu es le contraire même de l’amour. J’ai des relations normales avec Dieu, et Dieu est amour. » (LVM III, 23)

Avec Dieu nous avons l’amour, et l’acte sexuel devient alors accomplissement naturel de cet amour. Mais le diable hait l’amour, tout comme la saine sexualité. Hildegarde écrit encore : « Je suis la chasteté. Je suis libre moi, et non pas enchaînée. J’ai été purifiée à la plus pure des fontaines, à savoir la Parole pleine d’amour de Dieu. J’ai été purifié par la Parole, et procède de la Parole même. Je piétine les orgueilleux et le diable ; ils n’ont pas le pouvoir de m’enchainer. Le diable s’est trouvé coupé de moi, à cause de mon désir de vivre dans l’amour de Dieu. » (SC III, vision 8, 7)

Wighard STREHLOW, La guérison du corps et de l’esprit selon Hildegarde de Bingen, Saint-Jean-de-Braye, 2002, Editions Dangles, p. 209-210.

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23 août 2019

Luxure/chasteté 4 (vice et vertu n°22)

Paroles nocives d’obscénité

L’obscénité tient ce langage : « L’homme et la femme, ces deux miroirs de l’image de Dieu, je les traîne tranquillement dans la boue, même si cela déplaît au Seigneur Dieu. Avec les abus sexuels, il m’est possible d’endommager chaque créature. Je détruits la vitalité de celui qui emploie son énergie sexuelle pour des pratiques obscènes. Par principe, j’enchaîne n’importe qui au moyen du désir sexuel, parce que ce pouvoir est inhérent à ma nature. Pourquoi vivrais-je une vie simple et modeste ? Pourquoi renoncerais-je à ma vie fastueuse, faite de séductions et de danses lascives ? Si je ne pouvais vivre selon mes envies et désirs, je me sentirais frustrée et serais prise de colère ou de tristesse. Puisque les relations sexuelles et l’obscénité sont une offense pour Dieu, pourquoi n’a-t-Il pas créé un monde différent ? Car c’est bien Dieu qui a créé l’attirance sexuelle et le plaisir sensuel pour notre prompte satisfaction. » (LVM III, 32)

Wighard STREHLOW, La guérison du corps et de l’esprit selon Hildegarde de Bingen, Saint-Jean-de-Braye, 2002, Editions Dangles, p. 209.

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20 août 2019

Luxure/chasteté 3 (vice et vertu n°22)

Gemmothérapie : vin au saphir 3

A l’exemple de tous les sages, Hildegarde recommande de pratiquer l’acte sexuel avec amour et esprit de discipline. Car tout excès en ce domaine diminue la force de vie. La sexualité n’a rien de répréhensible aussi longtemps qu’elle est vécue dans l’amour mutuel. L’absence d’amour dévalorise l’acte sexuel et risque de conduire à la perversité. 

La luxure, la recherche du seul plaisir physique, comme bon nombre d’autres perversions, sont le résultat du désespoir. Hildegarde voit l’obscénité et la luxure sous les traits d’une figure féminine allongée sur le côté droit. Sa bouche exhale une odeur désagréable et crache du poison. Un jeune chien lui suce la mamelle droite et un serpent la mamelle gauche. Les hommes qui ont commerce avec de telles femmes deviennent aussi secs que du foin. La sexualité, la plus belle force de vie de Dieu, s’est ici changée en obscénité.

Wighard STREHLOW, La guérison du corps et de l’esprit selon Hildegarde de Bingen, Saint-Jean-de-Braye, 2002, Editions Dangles, p. 208-209.

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