Sainte Hildegarde de Bingen - Scivias

23 mai 2017

Amour pour les choses de ce monde/amour du monde céleste (vice et vertu n°1)

Voir avec les yeux intérieurs, entendre avec les oreilles de l’âme 1

Hildegarde excelle dans la vision et l’audition intérieures –ce que signalent notamment les enluminures qui ont été peinte d’après ses visions. Sa vie durant elle a reçu la connaissance au moyen de ses visions divines. Son mode de connaissance ne s’appuie donc aucunement sur les sens physiques, mais procède entièrement de l’intuition. Hildegarde est plus ou moins comparable à des musiciens comme Bach ou Mozart, des peintres comme Michel-Ange ou Fra Angelico. Elle a toujours puisé à l’unique source d’inspiration véritable, à savoir la sagesse de Dieu. Elle s’est laissée entièrement guider par elle, comme l’attestent tous ses livres. Ses yeux et ses oreilles intérieurs étaient pleinement réceptifs. Ainsi, dans le prologue du « Scivias », elle écrit : « Je vis une extraordinaire lumière, et d’elle me parvint une voix céleste qui s’adressa à moi en ces termes : ‘’Parle, et écris ces choses, non pas en suivant ta propre intelligence ou l’intelligence d’un autre être humain, mais conformément à la volonté de l’Un qui connaît toutes choses, qui voit toutes choses et dispose toutes choses en ses profondeurs secrètes. »

« En l’an 1141, j’avais quarante-deux ans et sept mois, une lumière ardente venue du ciel se déversa dans mon esprit. Comme une flamme, non pas brûlante mais réchauffante, elle enflamma mon cœur et mon corps, de même que le soleil réchauffe de ses rayons. Soudain je fus capable de comprendre les livres, les Psaumes, les Evangiles, l’Ancien et le Nouveau Testament… Ces visions ne m’ont pas été transmises à la faveur de rêves, je n’étais ni endormie ni mentalement perturbée ; elles n’avaient pas pour origine mes propres yeux ou mes propres oreilles ; ni ne m’étaient-elles données en des lieux retirés. Ces visions, je les reçus en pleine conscience, pendant que mon esprit était clair et alerte, avec mes yeux intérieurs et les oreilles de mon esprit, suivant la volonté même de Dieu. »

Wighard STREHLOW, La guérison du corps et de l’esprit selon Hildegarde de Bingen, Saint-Jean-de-Braye, 2002, Editions Dangles, p.85-86

Hildegarde vision

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18 mai 2017

Hysope (Hyssopus officinalis)

« L’hysope est bonne dans tous les aliments. Cuite ou réduite en poudre, elle est meilleure que crue. Elle rend le foie plus capable de rendement et purifie aussi un peu les poumons. (En particulier) celui qui tousse et souffre du foie, ou celui aussi qui a le poumon oppressé, que l’un et l’autre mangent de l’hysope avec des plats de viande ou aussi dans un roux (avec des légumes), et ils iront mieux. Mais si quelqu’un (en bonne santé) mange de l’hysope seule, en n’y ajoutant que du vin ou de l’eau (c’est-à-dire sous forme de tisane) il en éprouvera plus de mal que de bien. » (Hildegarde)

Indications thérapeutiques : condiment idéal (foie, poumons, toux), pour purifier le sang, régime des malades en cas de dépression et morosité. (cause de douleurs gastriques et hépatiques).

Mode d’emploi : cet aromate est meilleur cuit ou réduit en poudre que cru avec la volaille, les potages et les sauces, le fromage blanc, les potées de légumes et le ragoût de veau. Il confère aux plats une saveur épicée.

Culture : repiquer les jeunes plants au printemps dans une terre calcaire légère, dans des endroits chauds et ensoleillés. Couvrir en hiver avec des branches de pin.

Récolte : les jeunes pousses et les feuilles en permanence.

Conservation : sécher rapidement dans un endroit aéré et conserver en bocal hermétique ou, après les premières gelées, au congélateur.

François-Xavier de Guibert, L’art de Guérir par l’alimentation selon Hildegarde de Bingen, recettes, traitements et régimes, Paris, 2007, Groupe Artège, p. 123-124

hysope

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16 mai 2017

Amour pour les choses de ce monde/amour du monde céleste (Vice et vertu n°1)

Méditation pour l’obtention de la vision intérieure

Chacun de nous est capable de méditer et, s’il fait preuve d’un peu de persévérance, d’obtenir la vision intérieure –ce qui est une bénédiction pour l’âme. L’on peut méditer sur le cerf-volant d’or de l’âme (cf. enluminure), l’œil divin pourvu d’innombrables yeux capables d’appréhender les réalités du monde intérieur. De même, on peut méditer sur la vertu 18, appelée crainte de Dieu, qui est vêtue d’un manteau couvert d’yeux permettant à l’âme de distinguer nuit et jour les prodiges de Dieu et le miracle de la création. De tels yeux voient la gloire de Dieu et ont conscience de l’amour céleste. Enfin, on peut méditer sur les Séraphins et les Chérubins dont les ailes sont couvertes d’yeux, et dont la couleur rouge symbolise le feu de l’amour ardent. Ils connaissent Dieu et figurent l’amour que Dieu porte à l’humanité tout entière, œuvre de ses mains. La vision intérieure permet de distinguer le monde invisible.

Wighard STREHLOW, La guérison du corps et de l’esprit selon Hildegarde de Bingen, Saint-Jean-de-Braye, 2002, Editions Dangles, p.84

Vision 4 SC1

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11 mai 2017

Amour pour les choses de ce monde/amour du monde céleste (Vice et vertu n°1)

Les fenêtres de l’âme

Hildegarde précise : « Les yeux sont les fenêtres de l’âme. » Pour distinguer l’âme d’un ami, regardez-le dans les yeux et voyez, ô miracle, combien ils sont le reflet de son âme ! Mais l’œil est également le reflet du macrocosme : la pupille est associée à la lune, l’iris au soleil et ma cornée au firmament. Les yeux révèlent les sentiments et l’état psychique ou physique de quelqu’un : l’amour, la colère, l’angoisse, la santé ou la maladie. L’œil de chair ne distingue bien sûr que le monde visible, tandis que l’œil intérieur a la faculté de contempler le monde invisible.

Wighard STREHLOW, La guérison du corps et de l’esprit selon Hildegarde de Bingen, Saint-Jean-de-Braye, 2002, Editions Dangles, p.84

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09 mai 2017

Amour pour les choses de ce monde/amour du monde céleste (Vice et vertu n°1)

Amor saeculi.                                                              Amor caelestis.

Amour pour les choses de ce monde.                        Amour du monde céleste.

Amour du monde visible.                                           Amour du monde invisible.

Amour des valeurs matérielles.                                 Amour des valeurs spirituelles.

Amour de l’égo.                                                          Amour de la véritable personne.

Amour de l’image extérieure.                                    Amour de l’âme divine.

Eclipse spirituelle.                                                      Force spirituelle.

 

Remède physiologique : vin à la topaze d’or

Recette et mode d’emploi : placer une topaze de couleur or dans un flacon rempli de vin, puis fermer le flacon et le laisser reposer pendant trois jours. Humidifier les paupières de ce vin une ou deux fois par jour pendant cinq jours. Ensuite, confectionner un nouveau vin, puis recommencer les applications. Poursuivre le traitement pendant trois mois.

Le vin à la topaze d’or est un bon remède contre la cataracte, le glaucome et la faiblesse visuelle.

Wighard STREHLOW, La guérison du corps et de l’esprit selon Hildegarde de Bingen, Saint-Jean-de-Braye, 2002, Editions Dangles, p.84

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05 mai 2017

L'homme cosmique regarde en direction de l'Est 3

La tour de la nouvelle Jérusalem

Les sept premières vertus ont pour demeure les sept arches d’une tour s’élevant dans la ville de Jérusalem. Elles sont figurées par des femmes magnifiquement vêtues et correspondent à la partie féminine ou spirituelle de l’être humain. Les vices sont principalement figurés par des animaux composites et sont à associes à l’aspect masculin ou terrestre de l’âme. Quant à la tour elle-même, elle symbolise les sept sens de l’âme, dont le rôle est la communication entre le monde intérieur et le monde extérieur. Tout ce qui se produit en l’être humain a sa répercussion sur le cosmos, et inversement.

Les sept premières vertus sont responsables de la santé et du fonctionnement harmonieux des sept sens de l’âme. Ces derniers sont reliés au système nerveux autonome et aux sept premières vertèbres cervicales.

Wighard STREHLOW, La guérison du corps et de l’esprit selon Hildegarde de Bingen, Saint-Jean-de-Braye, 2002, Editions Dangles, p.82

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04 mai 2017

L'homme cosmique regarde en direction de l'Est 2

Les sept forces primordiales du cosmos

La vie procède de « l’amor caritatis ». L’instant de conception d’un enfant marque le début de sa biographie ; il est responsable de la santé de son système nerveux. Lorsque la conception a lieu dans un climat d’amour mutuel, l’enfant jouira généralement d’une bonne santé et d’une nature optimiste. « Amor caritatis », c’est-à-dire l’énergie de l’amour partagé à l’instant de la conception, procure à l’enfant à naître des humeurs saines et un système hormonal fonctionnant correctement. « Amor et caritas », l’amour érotique et le sentiment de reconnaissance mutuelle éprouvé par l’homme et la femme à l’instant de l’orgasme, mettent en place une énergie prénatale qui permettra à l’embryon de puiser aux forces cosmiques et terrestres nécessaires à son développement. L’enfant qui naîtra a ainsi de fortes chances d’être sain, doté d’un potentiel d’amour, de discipline, de modestie, de compassion, de confiance, de patience et de ferveur pour Dieu, autrement dit des sept premières vertus.

Wighard STREHLOW, La guérison du corps et de l’esprit selon Hildegarde de Bingen, Saint-Jean-de-Braye, 2002, Editions Dangles, p.82

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02 mai 2017

L’homme cosmique regarde en direction de l’Est 1

Les forces cosmiques primordiales

Dans sa première vision du Liber vitae meritorum (Le livre des mérites de la vie), Hildegarde décrit l’homme cosmique regardant en direction de l’est, c’est-à-dire vers le soleil levant. Avec le lever du soleil elle voit naître sept puissantes forces, ou énergie divines. De la première, qui a pour nom amour céleste, procède le cosmos tout entier, et c’est elle aussi qui le préserve. La deuxième force a pour nom discipline. Il est à souligner que le mot grec pour discipline signifie également cosmos ; d’où l’on peut déduire que c’est la vertu de l’ordre qui assure à l’univers sa cohésion. La troisième force a pour noms modestie, respect, décence, tact, ce qui suggère que l’univers de Dieu est un vaste organisme vivant où toutes choses opèrent ensemble dans l’amitié et l’harmonie. La miséricorde, ou compassion, est la quatrième force fondamentale de l’univers, autrement dit l’énergie de l’amour et de l’entente mutuels. La cinquième force a pour nom victoire de Dieu, ce qui signale un univers dont les fondations sont la confiance et la foi en Dieu. Mais l’ordonnancement de l’univers est lié à deux autres forces encore, à savoir la patience et l’ajustement. La patience apporte la paix et la sérénité, tandis que l’ajustement suppose que dans leur opération toutes les créatures se soumettent à la volonté de Dieu.

Wighard STREHLOW, La guérison du corps et de l’esprit selon Hildegarde de Bingen, Saint-Jean-de-Braye, 2002, Editions Dangles, p.81

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28 avril 2017

Gingembre (Zingiber officinale Roscol)

« Celui qui est sec et déjà bien affaibli, qu’il réduise du gingembre (racine) en poudre et en prenne à jeun dilué dans une soupe, mais en petite quantité. Il peut aussi en manger sur du pain et il ira mieux. Mais aussitôt qu’il ira mieux, il ne doit plus en manger, de peur d’en subir quelque dommage. » Hildegarde

Indications thérapeutiques : maigreur, perte de poids, manque d’appétit.

Hildegarde a mentionné le gingembre dans de nombreuses recettes, en usage interne mais en relation avec d’autres ingrédients, ou seulement en usage externe. Il est bon de savoir pourquoi Hildegarde met en garde contre le gingembre. Celui-ci est extrêmement psychotrope, c’est-à-dire qu’il intervient dans le spychisme, et pas toujours pour le bien de la personne. Celle-ci devient l’image que l’on se fait d’un pauvre vieillard qui ne pense plus qu’à satisfaire ses besoins primaires et devient une « bête humaine ». Or, ce qui fait que l’homme est un homme, c’est sa faculté de penser. C’est précisément ce que le gingembre détruit. Il existe néanmoins une exception : quand la personne est près de s’en aller de ce monde, la « bête » peut encore avoir besoin d’un nouveau « coup de fouet »… Qu’elle mange alors de la soupe ou du pain au gingembre.

Culture : on obtient du gingembre, Zingiber officinale Roscol, à partit de la racine de Rhizoma Zingiberis, une espèce de gingembre que l’on trouve en Asie tropicale, en Inde, en Chine et en Amérique. Le gingembre bengali qui contient 2 à 3 % d’huile essentielle est considéré comme le meilleur. Le gingembre est une épice indienne, déjà cultivée dans les temps les plus reculés et utilisée en médecine. Seule Hildegarde met en garde contre l’utilisation du gingembre par les bien portants. Comme le galanga, auquel il est apparenté, le gingembre contient des huiles essentielle et aromatiques.

Utilisation : le gingembre est le remède le plus important de la médecine ayurvédique et Hildegarde l’utilise aussi en tant que remède, dans l’elixir de lentilles d’eau par exemple. Le gingembre est l’un des médicaments les plus puissants pour renforcer les défenses de l’organisme. En tant qu’épice, il ne sert qu’à exciter l’appétit, il fait grossir et rend glouton.

François-Xavier de Guibert, L’art de Guérir par l’alimentation selon Hildegarde de Bingen, recettes, traitements et régimes, Paris, 2007, Groupe Artège, p. 122-123

Gingembre

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25 avril 2017

Gentiane (jaune) (Gentiana lutea L.)

« Celui qui souffre du cœur, comme si celui-ci avait peine à se soutenir, qu’il réduise de la gentiane en poudre, qu’il l’avale dans une boisson, et son cœur reprendra vigueur. Et celui qui a de la fièvre dans l’estomac (febris in stomacho), qu’il boive souvent de cette poudre dans du vin chaud, réchauffé par une tige d’acier incandescent, et son estomac sera guéri de son inflammation. » Hildegarde

Indications thérapeutiques : douleurs cardiaques persistantes, douleurs intenses, faiblesse cardiaque.

Mode d’emploi : saupoudrer 1 à 3 pincées de poudre de gentiane dans le potage de semoule d’épeautre. Commencer par manger la portion de potage contenant la gentiane et absorber ensuite le reste de ce potage afin de faire disparaître le goût amer de la gentiane. Prise une ou deux fois par semaine, la gentiane fortifie le muscle cardiaque et fait disparaître les symptômes douloureux.

François-Xavier de Guibert, L’art de Guérir par l’alimentation selon Hildegarde de Bingen, recettes, traitements et régimes, Paris, 2007, Groupe Artège, p. 122

 

Gentiane

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