Sainte Hildegarde de Bingen - Scivias

19 octobre 2017

Dureté du cœur/compassion 4 (Vice et vertu n°4)

La loi de la compassion divine (lex divina)

Bien des gens se posent des questions comme celles-ci : « Quel est le dessein de ma vie ? Comment m’y prendre pour vivre heureux ? » La découverte du sens et du bonheur a de tout temps été une préoccupation centrale pour l’être humain. Dans l’Evangile selon saint Matthieu il est dit qu’un docteur de la loi s’approcha de Jésus et lui demanda : « Maître, quel est le plus grand commandement de la loi ? » Jésus lui répondit : « Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, et de toute ta pensée… Et tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Mt 22, 38) Si nous vivons conformément à ce commandement, notre vie aura du sens et nous connaîtrons le bonheur. Albert Schweitzer, qui a passé le plus clair de son existence comme médecin en Afrique, a donné le conseil suivant à des étudiants en médecine américains : « J’ignore de quoi va être faite votre vie, mais je sais que, parmi vous, ne connaîtrons le bonheur que ceux qui se mettront au service d’autrui. » Chez Hildegarde, la vertu nommée compassion ne dit pas autre chose : « Je me porte sans cesse vers l’étranger, le nécessiteux, le pauvre, le faible, le blessé qui gémit. » (SC III, vision 3, 4) 

La pratique de la compassion doit être l’axe central de notre vie. Comme il est dit plus loin dans l’Evangile de saint Matthieu (25, 35-36):

  • J’ai eu faim, et vous m’avez donné à manger » - de la bonne nourriture biologique, non pas de la nourriture traitée aux pesticides ou génétiquement modifiée.
  • « J’ai eu soif, et vous m’avez donné à boire » - de bonnes boissons naturelles, non pas des boissons frelatées.
  • « J’étais étranger et vous m’avez recueilli » -dans une maison saine, en pierre et en bois, non pas en béton.
  • « J’étais nu, et vous m’avez vêtu » -avec des fibres naturelles, non pas avec des fibres synthétiques.
  • « J’étais malade et vous m’avez secouru » - avec des remèdes naturels, non pas avec des médicaments chimiques nuisibles.
  • « J’étais en prison, et vous êtes venu vers moi » - avec compassion pour me libérer de la prison dans laquelle je m’étais moi-même enfermé, et qui a pour noms esprits de dépendance, obsessions, mauvaises habitudes.

Ces sept actes de compassion seront développés dans la suite…

Wighard STREHLOW, La guérison du corps et de l’esprit selon Hildegarde de Bingen, Saint-Jean-de-Braye, 2002, Editions Dangles, p.106-107.

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17 octobre 2017

Dureté du cœur/compassion 3 (Vice et vertu n°4)

Paroles curatives de compassion

La compassion est une énergie puissante, capable de réformer le criminel le plus endurci. Hildegarde considère l’énergie de la miséricorde, ou compassion, comme une quasi medicina, c’est-à-dire un remède de très grande efficacité.

La compassion rétorque à la dureté du cœur : « O pierre, qu’as-tu à m’apprendre ?  Les herbes et les plantes abondent sur terre et chacune émet un parfum délicieux, tandis que chaque pierre précieuse disperse son éclat à toutes les autres. La création tout entière aspire à l’affection et à l’amour. Elle se tient au service de l’humanité et donne le meilleur d’elle-même, comme cadeau, sans rien attendre en retour. Tu es cruelle et irréfléchie, pareille à une fumée noire, âpre et toxique.

« Mais moi je suis comme la rosée, dotée d’une puissante énergie de vie (viridité), un doux remède pour chacun. Mon cœur est rempli d’amour pour ceux qui ont besoin de mon secours. J’existe depuis l’origine de la vie, depuis que le fiat –que cela soit ! – a créé le monde. Déjà tu étais exclue. Mes yeux voient sans cesse ce qui doit être vu. Je me sens responsable et je guéris les malades ; je suis un doux remède pour tous. Ma compassion est sincère, mais toi tu es comme une fumée âpre. » (LVM I, 17)

La compassion engendre la guérison. Faire un diagnostic « par l’oreille », c’est-à-dire prendre le temps d’écouter l’autre du plus profond de son cœur, c’est lui montrer qu’il compte à vos yeux.

Wighard STREHLOW, La guérison du corps et de l’esprit selon Hildegarde de Bingen, Saint-Jean-de-Braye, 2002, Editions Dangles, p.105-106.

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12 octobre 2017

Dureté du cœur/compassion 2 (Vice et vertu n°4)

Paroles nocives de dureté de cœur

La dureté de cœur s’exprime en ces termes : « Je n’ai vraiment rien fait et donc ne porte aucune responsabilité. Tout m’est complètement indifférent. Pourquoi d’ailleurs me tourmenterais-je ? Personne ne prête attention à moi, aussi ne prendrai-je la défense de quiconque ? Il appartient à Dieu de prendre soin de la création, puisqu’elle est issue de ses mains. Si je m’aventurais à prendre soin de quelqu’un, je n’en retirerais aucun bénéfice. Et si je faisais preuve de compassion devant chaque problème dans le monde, je n’aurais plus le temps de m’occuper de mes propres affaires. Je ne connais donc que moi-même, et chacun devrait en faire autant : ne se soucier que de lui-même. » (LVM I, 16)

Wighard STREHLOW, La guérison du corps et de l’esprit selon Hildegarde de Bingen, Saint-Jean-de-Braye, 2002, Editions Dangles, p.103-104.

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10 octobre 2017

Dureté du cœur/compassion (Vice et vertu n°4)

Dureté du cœur, inflexibilité. Compassion.

Sans miséricorde. Bonté.

Indifférence. Prévenance.

Attitude de négligence. Bonne volonté.

Insensibilité. Sensibilité.

Rudesse. Bienveillance.

Sans pitié. Indulgence.

Gemmothérapie : eau diamantifère

Recette et mode d’emploi : placer un diamant (brut ou taillé) dans une cruche remplie d’eau, et l’y laisser pendant vingt-quatre heures. Utiliser au moins les deux tiers de cette eau chaque jour pour la cuisine ou comme boisson.  

Indications thérapeutiques : L’eau diamantifère prévient à la fois l’artériosclérose et l’attaque d’apoplexie. Mais c’est aussi un bon remède de régénération après une attaque d’apoplexie.

La dureté du cœur est une cause majeure de durcissement des artères, donc de l’attaque d’apoplexie et de l’infarctus. Hildegarde voit l’extrême dureté de cœur sous la forme d’une fumée épaisse formant une figure dépourvue de membres, avec d’énormes yeux noirs et une langue effilée. Chez un être entièrement dépourvu de compassion, l’image de Dieu ne peut que s’être volatilisée.

Wighard STREHLOW, La guérison du corps et de l’esprit selon Hildegarde de Bingen, Saint-Jean-de-Braye, 2002, Editions Dangles, p.103-104.

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06 octobre 2017

Menthe crépue (Mentha crispa)

« De même que le sel, ajouté avec mesure, relève les aliments, alors que, si l’on ajoute trop ou trop peu, ceux-ci sont mauvais, de même la menthe crépue, ajoutée à la viande, au poisson, ou à tout autre aliment, ou encore à la purée, leur donne un bon goût et les relève agréablement. Mangée ainsi, elle réchauffe l’estomac et assure une bonne digestion. » Hildegarde

Indications thérapeutiques : gastrites et digestion difficile.

Mode d’emploi : ajouter de jeunes feuilles de menthe crépue cueillie avant la floraison et hachées menu aux potages et sauces aux herbes, à la salade, aux omelettes, aux plats d’agneau et de gibier.

Culture : la menthe crépue se développe à l’état sauvage et dans les jardins d’herbes aromatiques. Plante pluriannuelle, floraison de juillet à août. Se procurer des rejets, car la menthe ne produit pas de semences, et les planter à une distance de 25 cm dans un endroit mi-ombragé.

François-Xavier de Guibert, L’art de Guérir par l’alimentation selon Hildegarde de Bingen, recettes, traitements et régimes, Paris, 2007, Groupe Artège, p. 127

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03 octobre 2017

Menthe aquatique (Mentha aquitana)

« Celui qui, pour avoir trop mangé ou avoir trop bu, a l’estomac et l’intestin alourdis, qu’il mange souvent de la menthe aquatique crue ou cuite, avec de la viande, dans la soupe ou des légumes, et l’oppression passera, parce qu’elle refroidit quelque peu les viscères lourds et chauds et réduit ainsi l’oppression.

Celui qui est essoufflé parce qu’il souffre des poumons crache beaucoup de mucosités et tousse au moindre mouvement, mais celui qui est essoufflé par la graisse et pour avoir trop mangé et trop bu ne fait que respirer avec peine mais ne crache pas de mucosités. C’est ainsi que l’on fait la différence et que l’on sait qu’on a besoin de menthe aquatique, comme il est dit plus haut. » Hildegarde

Indications thérapeutiques : surpoids, sensations de réplétion, flatulences, crampes d’estomac, troubles digestifs.

Mode d’emploi : feuilles fraîches hachées menu ou poudre dans les sauces, potages, légumes, viandes.

Culture : dans les ruisseaux, ou dans une terre humide, plante pluriannuelle.

Récolte : les nouvelles feuilles à partir de juin, avant la floraison.

Conservation : bocal hermétique, sac en papier, congélateur.

François-Xavier de Guibert, L’art de Guérir par l’alimentation selon Hildegarde de Bingen, recettes, traitements et régimes, Paris, 2007, Groupe Artège, p. 126.

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30 septembre 2017

Amour du divertissement/amour des choses simples (vice et vertu 3) Fin

Guérison spirituelle de l’impudence

L’impudence se guérit si nous pratiquons l’un des types de jeûne proposé par Hildegarde, c’est-à-dire si nous nous abstenons de manger des mets riches et succulents comme les fromages gras, les boissons fortement alcoolisées, les viandes, les saucisses et les œufs. Le blagueur dépourvu de tact cède également du terrain si nous étudions et méditons les passages suivants de la Bible : Psaume 114, 1-13 ; Psaume 138, notamment le verset 6, Le Cantique des cantiques 1, 1-4 et l’épître aux Philippiens 1, 9-11.

Wighard STREHLOW, La guérison du corps et de l’esprit selon Hildegarde de Bingen, Saint-Jean-de-Braye, 2002, Editions Dangles, p.103.

 

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26 septembre 2017

Amour du divertissement/amour des choses simples (vice et vertu 3)

Correspondance physiologiques

L’amour du divertissement et l’impudence, tout comme le respect, la pudeur, le tact et la modestie, sont en connexion avec le sens de l’odorat, qui nous permet de palper l’atmosphère ambiante. Notre nez est sensible et perspicace, il sait immanquablement faire la différence entre ce qui est bon pour nous et ce qui ne l’est pas –ce qui pue.

L’impudence est en connexion avec la pathologie du système nerveux dans la région des vertèbres cervicales, et tout particulièrement celle de la vertèbre C3 qui commande au sens de l’odorat. Les différents nerfs sont reliés au nerf trigéminé, à savoir le nerf responsable de l’activité des muscles faciaux. Pratiquement soixante-dix pour cent des odeurs stimulent le nerf trigéminé et ont une action sur le visage, les dents, la bouche et l’encéphale.

Wighard STREHLOW, La guérison du corps et de l’esprit selon Hildegarde de Bingen, Saint-Jean-de-Braye, 2002, Editions Dangles, p.102-103.

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23 septembre 2017

Amour du divertissement/amour des choses simples (vice et vertu 3)

Paroles curatives de respect

L’amour fait cette réponse au divertissement : « Tu es connu pour ta volupté, tu te laisses aveugler par ton plaisir. Tu n’es que bruit de mort fabriqué par l’homme. Tu es davantage animal qu’être humain. Tu es une créature plus moribonde que vivante, parce que tu ne recherches que les choses séduisantes. Tu es vanité, et encore vanité ; le rire du fou n’est que vanité. Ton œuvre entière est bruit et fumée, et rien d’autre. Tu te comportes si peu en être humain, mais bien plus en animal, le plus souvent en monstre corrompu.

J’en rougis de honte et cherche la protection sous les ailes du Dieu d’amour. Dieu me conduit dans les mystères de ses écritures saintes, et ma vie est influencée par Dieu seul. Mon regard est pur et innocent ; je connais la volonté de Dieu que toi, par ta bêtise, tu ignores. » (LVM I, 15)

Les médias, et notamment la télévision, se payent notre tête. Mais le jeu doit continuer. Non, sans blague ! Les blagueurs et les divertisseurs sont actuellement les gens les mieux payés du monde, tandis que les sages sont plutôt les parents pauvres. Dieu, en nous créant, nous a communiqué sa sagesse, mais il nous a aussi donné le libre arbitre, de sorte que chacun peut la rechercher ou lui tourner le dos. L’empereur Auguste lui-même ne plaisantait-il pas jusque sur son lit de mort ? « Amis, disait-il, applaudissez, le jeu est arrivé à son terme ! »

Le respect crie à l’amour du divertissement : « O saleté ! O bourbier des temps présents ! cache-toi, disparais de mon regard, car mon Ami est né de Marie immaculée. » (SC III, vision 3, 3) Ces propos, à vrai dire, n’ont rien perdu de leur pertinence.

Wighard STREHLOW, La guérison du corps et de l’esprit selon Hildegarde de Bingen, Saint-Jean-de-Braye, 2002, Editions Dangles, p.102.

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20 septembre 2017

Amour du divertissement/amour des choses simples (vice et vertu 3)

Paroles nocives de divertissement

Le divertissement s’exprime ainsi : « Pourquoi ne pas s’amuser, au lieu de connaître la mélancolie ! Le jeu et l’amusement n’ont rien d’immoral ! Le ciel est extatique pour toutes les créatures. Je ne vois pas pourquoi je n’aurais pas, moi aussi, le droit de m’amuser ! Si j’allais de-ci de-là en me morfondant et en broyant du noir, personne ne voudrait de moi. Je ne suis pas stupide ! C’est pourquoi je danserai et plaisanterai et rendrai heureux tout le monde. Si Dieu a créé l’air et le parfum suave des fleurs n’est-ce pas pour attirer l’homme vers la femme, et la femme vers l’homme ? » (LVM I, 14)

Wighard STREHLOW, La guérison du corps et de l’esprit selon Hildegarde de Bingen, Saint-Jean-de-Braye, 2002, Editions Dangles, p.101.

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