Sainte Hildegarde de Bingen - Scivias

26 septembre 2018

Immodération/modération 4 (Vice et vertu n°14)

Correspondance physiologiques

L’immodération et l’excès symbolisent la pathologie du système nerveux dans la région des vertèbres dorsales et lombaires, et tout particulièrement de la vertèbre D7. Les nerfs de cette région commandent à l’appareil gastro-intestinal, y compris au foie, à la vésicule biliaire et au pancréas. L’excès de nourriture et de boissons, comme aussi une vie trépidante, génèrent de mauvaises humeurs et maladies. 

Hildegarde voit l’immodération sous la forme « d’un vaste océan, aux profondeurs insondables, d’où s’élèvent de gigantesques flammes de soufre. Tous ceux qui avaient vécu dans l’immodération et l’excès durant leur existence terrestre subissaient l’atrocité de leurs brûlures. »

Wighard STREHLOW, La guérison du corps et de l’esprit selon Hildegarde de Bingen, Saint-Jean-de-Braye, 2002, Editions Dangles, p. 166.

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20 septembre 2018

Immodération/modération 4 (Vice et vertu n°14)

Paroles de discrétion et de modération

Dans le « scivias »,Hildegarde dit : « Je suis la mère de toutes les vertus, et je recherche la justice de Dieu en toutes choses. J’espère sans cesse que Dieu est en ma conscience, à la fois dans la guerre spirituelle et la guerre terrestre. Je ne condamne ni ne piétine ni ne dédaigne les rois, les dirigeants, les protecteurs et les autres magistrats de ce monde qui doivent leur statut à l’auteur de toutes choses. Comment des cendres pourraient-elles dédaigner d’autres cendres. La Parole de Dieu crucifiée a inversé le cours des choses pour tous, et nous a enjoints à faire preuve de justice et de miséricorde. Je veux que soient maintenus les ordres ou institutions du monde de Dieu conformément à sa propre volonté. » (LVM III, vision 6, 7)

A propos de la modération, ou discrétion, Hildegarde écrit : « Dieu nous parle parfois en nous touchant au cœur, de sorte que nous y éprouvons une douleur ou y ressentons un dérèglement (de l’arythmie cardiaque par exemple). Dieu parle à travers la douceur de son Esprit et nous donne les vertus pour instruments, afin que nous puissions accomplir son œuvre. Aucune vertu n’est manquante, ni au ciel ni sur la terre. Dieu a créé le firmament, symbole de la force de discrétion, pour permettre à l’être humain de reconnaître les nécessités à la fois spirituelles et terrestres. Nous tiendrons compte des deux nécessités : l’aspiration à l’éternité et les besoins matériels. Vivez conformément aux règles du milieu d’or. N’allez pas construire une ruine par esprit d’exagération, ni vous ruiner par excès de désir. Nous soupirerons et prierions afin que soit accomplie toute action bonne en temps opportun et qu’il soit pourvu aux besoins quotidiens de tous. Faites tout votre possible dans ce sens, et pratiquez chaque jour vos propres charismes. La modération vous garde de la vanité ; Dieu abhorre la vanité, parce que l’exagération ne sert pas Dieu, mais seulement vous-même. » (LVM, vision 5, 27)

Wighard STREHLOW, La guérison du corps et de l’esprit selon Hildegarde de Bingen, Saint-Jean-de-Braye, 2002, Editions Dangles, p. 165.

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18 septembre 2018

Immodération/modération 3 (Vice et vertu n°14)

Paroles curatives de discrétion

La discrétion, ou modération, est une force puissante pour contrer l’esprit révolutionnaire. Bien des gens ont changé fondamentalement en accomplissant toutes choses dans un esprit de modération. La modération rétorque ceci au loup vorace : « Tu es rusé et trompeur. Tes tromperies cherchent à tuer le sens commun, et ta fourberie défait l’harmonie de la vie. Tu poursuis les extrêmes à la manière d’un chien non dressé ou d’une vache folle. 

« Dans la création de Dieu chaque chose tient sa juste place. Les étoiles scintillent de la lumière de la lune ; la lune brille de la lumière du soleil. Toutes choses sont liées et soumises à une unité supérieure, rien ne vit au-delà de ses propres limites. Tu n’as pas de respect envers Dieu ; tu piétines et détruit la création de Dieu. Tu gâches ta vie. 

« Je respecte les pérégrinations de la lune et les orbites du soleil ; j’explore les lois naturelles et je mûris en temps opportun. Je respecte l’esprit de charité et de compassion. Je suis une princesse au palais du Roi et brille comme la lumière du soleil. J’explore tous ses mystères et j’admire son ordre. Ton excès de complaisance te blesse et tu es devenu la proie des vers malveillants (d’une infection virale). » (LVM II, 22). 

Hildegarde explique les lois afférentes au centre d’or, ainsi que leur mise en application dans la vie quotidienne, et pour cela recourt à l’analogie :

  • La discrétion représente l’équilibre entre la vie active et la vie contemplative, comme l’illustre si bien la règle bénédictine « ora et labora ».A celui qui travaille dur il est conseillé de prier le même nombre d’heures. Cette règle est d’une extrême importance pour tout mode de vie créateur. 
  • La création est comparable à la pierre d’angle, c’est-à-dire Jésus, qui est le fondement de toute vie. Ce fondement, Hildegarde l’illustre au moyen de six règles d’or : manger et boire avec modération, dormir et prendre de l’exercice selon une juste mesure, prendre soin de la pureté de son âme et de son corps. 
  • La discrétion est comparable à un homme d’affaires averti, qui vend de la marchandise de qualité à un prix raisonnable. 
  • La discrétion est comparable à un beau mois de mai, qui apporte la joie et des fruits en abondance. 
  • La discrétion est la mère de toutes les valeurs.

Wighard STREHLOW, La guérison du corps et de l’esprit selon Hildegarde de Bingen, Saint-Jean-de-Braye, 2002, Editions Dangles, p. 163-164.

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14 septembre 2018

Immodération/modération 2 (Vice et vertu n°14)

Paroles nocives d’immodération

L’immodération s’exprime en ces termes : « Tout ce que je désire et poursuis, c’est pour mon seul plaisir ! Je n’ai pas envie de me réfréner ni de sacrifier mes désirs. Pourquoi ne tiendrais-je pas compte de mes désirs ? Ne sont-ils pas inhérents à ma nature ? Tout stimulant physique est pour moi plaisir sans mélange ! Ma vie n’aurait aucun mérite si je vivais dans la modération. Je fais ce qui me plaît ; l’amusement et le jeu, voilà de quoi est fait mon monde. Vais-je dompter mon cœur alors que je peux m’amuser et prendre du plaisir ? Mes veines éclateraient-elles de plaisir que je refuserai d’en donner à quiconque. Quelle raison aurais-je de garder le silence, puisque j’aime parler ? Toute stimulation est pour moi comme un fortifiant printanier. Je ne fais que vivre conformément à ma nature. Je n’ai donc aucune raison de changer. Tout le monde devrait vivre en fonction de son propre plaisir. (LVM II, 21)

Wighard STREHLOW, La guérison du corps et de l’esprit selon Hildegarde de Bingen, Saint-Jean-de-Braye, 2002, Editions Dangles, p. 163.

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12 septembre 2018

Immodération/modération 1 (Vice et vertu n°14)

Immodération/Modération, discrétion

Excès/Milieu d’or.

Complaisance excessive/Modestie.

Exagération/Adéquation.

Dispersion/Concentration.

Incertitude/Justesse.

Sans raison/Avec raison. 

Gemmothérapie : jaspe

Mode d’emploi et indication thérapeutique :garder un jaspe dans sa bouche pendant les moments de concentration mentale. Le jaspe permet à la fois de concentrer sa pensée et de la clarifier. 

La dispute et le malheur sont le terreau de l’esprit d’anarchie et, en tant que tels, ils ont susceptibles de déclencher une révolution ! Il n’y a là rien de surprenant, puisque seul compte ici le changement extérieur. Hildegarde voir le quatorzième vice sous les traits d’un loup féroce : assis pattes croisées il guette une proie. L’immodération loue l’esprit d’anarchie. 

Wighard STREHLOW, La guérison du corps et de l’esprit selon Hildegarde de Bingen, Saint-Jean-de-Braye, 2002, Editions Dangles, p. 162-163.

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07 septembre 2018

LE POIS (Pisa)

Le pois est de nature froide, et producteur de phlegme. Il comprime quelque peu le poumon. Mais il est bon à manger pour celui qui est de nature chaude, et il lui donne de l’ardeur. Cependant, comme il est de nature froide, il ne vaut rien pour les malades, car, lors de la digestion, il provoque en eux beaucoup d’écoulement d’humeurs. 

Le pois est même nocif dans toutes les maladies, et il n’a en lui aucune propriété pour les chasser. Toutefois, si on souffre d’un rhume de cerveau avec un écoulement abondant, réduire en poudre un pois blanc en le mâchant avec ses dents, le mélanger à du miel très pur, placer le tout sur les tempes et attacher avec un bandage. Répéter jusqu’à ce qu’on se trouve mieux. Si quelqu’un a les entrailles malades, qu’il avale souvent du jus de pois chaud, et il se portera mieux. 

Hildegarde de Bingen, Le livre des subtilités des créatures divines, Physique, Les plantes, les éléments, les pierres et les métaux, Traduit du latin par Pierre Monat, Editions Jérôme Million, Grenoble 2002, p. 35-36.

le pois

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05 septembre 2018

L’EPEAUTRE (Spelta)

L’épeautre est un excellent grain, de nature chaude, gros et plein de force, et plus doux que les autres grains : à celui qui le mange, il donne une chair de qualité, et fournit du sang de qualité. Il donne un esprit joyeux et met de l’allégresse dans l’esprit de l’homme. Sous quelque forme qu’on le mange, soit sous forme de pain, soit dans d’autres préparations, il est bon et agréable. 

Si quelqu’un est si affaibli que sa faiblesse l’empêche même de manger, prendre des grains en entiers d’épeautre, les faire cuire dans de l’eau, en ajoutant de la graisse ou du jaune d’œuf ; de la sorte, il aura meilleur goût et sera consommé plus facilement : en donner au malade pour qu’il en mange, et, comme un bon et sain onguent, cela le guérit de l’intérieur. 

Hildegarde de Bingen, Le livre des subtilités des créatures divines, Physique, Les plantes, les éléments, les pierres et les métaux, Traduit du latin par Pierre Monat, Editions Jérôme Million, Grenoble 2002, p. 35.

 

EPEAUTREPHY

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30 août 2018

Affliction/bonheur Fin (Vice et vertu n°13)

Guérison spirituelle de l’affliction

Elle se produit avec la quête sincère de Dieu, une quête menée dans la solitude, voire le silence du désert. Ceux qui souffrent de mélancolie, et qui ne se sentent pas de rester seuls, peuvent aller trouver refuge et protection auprès d’une confrérie chrétienne. Les personnes malheureuses sont invitées à dire la prière hildegardienne de la topaze d’or le matin, donc à placer leur vie entière sous la protection et à la garde de Dieu. Mais il leur est est également recommandé d’étudier les passages de la Bible traitant spécifiquement du bonheur : Psaumes 84, 112, 118, 13-29, ainsi que les Béatitudes déjà citées. (Mt 5, 3-12)

Wighard STREHLOW, La guérison du corps et de l’esprit selon Hildegarde de Bingen, Saint-Jean-de-Braye, 2002, Editions Dangles, p. 161-162.

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28 août 2018

Affliction/bonheur 6 (Vice et vertu n°13)

Méditation sur la vérité, la paix et le bonheur 2

Découvrir la vérité sur l’état de notre âme débloque un flot d’énergie curative, si bien que nos conflits cèdent du terrain de façon naturelle. La vérité, le bonheur et la paix sont en effet en parenté étroite entre eux. Le bonheur est le résultat de la paix intérieure. Le bonheur est impossible en l’absence de la vérité et de la paix. Ces trois vertus sont données par Noël, c’est-à-dire par l’événement à la faveur duquel Dieu s’est uni à l’humanité. Noël est un cadeau destiné à tous, aux pauvres bergers comme aux Rois mages opulents, mais aussi un cadeau visible les autres nuits. Sortez le soir pour contempler les étoiles et entendre leur message : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté ! » (Luc 2, 14)

Posez-vous des questions comme celles-ci : De quoi est faite ma volonté ? Quels choix vais-je faire ? Mon aspiration porte-t-elle sur la vérité, la paix et le bonheur ? Ce sont des questions vraiment fondamentales qui, en tant que telles, valent pour tous. Le christianisme a combattu le mal pendant bien des siècles, souvent tragiquement, et pourtant le mal, au lieu de céder, a acquis la vitalité du dragon. Lorsqu’on lui coupe une tête, dix autres viennent la remplacer !

Hildegarde s’est adressée aux empereurs, rois et papes successifs pour leur rappeler que le message chrétien était la vérité, la paix et le bonheur, non pas la guerre, l’Inquisition et la tromperie. Les guerres du XX° siècle nous ont en tout cas appris une chose : elles rapportent gros, très gros. Pour déclencher une guerre, il n’y a pas besoin que d’une propagande bien ficelée et d’un ennemi pour rétribuer l’industrie de l’armement. Si nous comprenons que les guerres et le mal ne sont que mensonge, nous découvrirons la vérité qui les sous-tend. 

Il en va de même pour l’industrie pharmaceutique : pour prospérer, elle a besoin de beaucoup de maladies chroniques et de beaucoup de médicaments produisant quantité d’effets secondaires. La paix intérieure et le bonheur ne coûtent ni argent ni biens, ils sont gratuits, comparables à un don. Ils vous ont donnés par le pauvre petit enfant né dans une mangeoire, entouré de quelques bergers qui faisaient paître leurs troupeaux dans les environs, sous le ciel étoilé d’une froide nuit d’hiver.

Wighard STREHLOW, La guérison du corps et de l’esprit selon Hildegarde de Bingen, Saint-Jean-de-Braye, 2002, Editions Dangles, p. 160-161.

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24 août 2018

Affliction/bonheur 5 (Vice et vertu n°13)

Méditation sur la vérité, la paix et le bonheur 1

Le Christ a dit : « Je suis le chemin, et la vérité, et la vie ! » Jn 14, 6. Telle est la devise adoptée par Hildegarde dans ses différents livres sur la santé : « Scivere vias » (Connais les voies),« Liber vitae meritorum » (Le livre des mérites de la vie,traitant de la vérité de l’âme) et « Liber divinorum operum » (Le livre des œuvres divines,fournissant les principes de sa médecine cosmique). Ces différents livres ou traités (de même que Causae et Curae)ont fait l’objet d’une thèse soutenue par Ruth Marie Walker-Moskop à l’université du Texas (Décembre 1984) sous le titre : « Health and Cosmic Continuity in Hildegarde of Bingen »(Santé et continuité cosmique chez Hildegarde de Bingen).

Le but de toute guérison est de rétablir la circulation de l’énergie curative entre l’âme et le corps. Ce processus requiert de savoir reconnaître la vérité, c’est-à-dire de pouvoir déceler les facteurs spirituels de risque derrière les différentes maladies. Pour pouvoir vraiment guérir, c’est-à-dire en âme et en corps, nous devons découvrir la vérité quant à notre âme et, pour cela, nous tourner vers les trente-cinq vertus et les trente-cinq vices décrits par Hildegarde. A cet effet, il serait bon que vous examiniez attentivement la table des matières en vous posant les questions suivantes : Quels sont mes propres vices ? Est-ce la recherche de l’argent et des biens matériels, la colère, l’amertume, l’envie, l’affliction, l’avarice, l’abattement, etc. ? Suis-je prêt à cultiver l’élément positif inhérent à chacun de ces vices ? Rappelez-vous toujours que le langage de l’âme est le symbole. Méditez sur les correspondances physiologiques des vices, ainsi que sur les paroles nocives qui sont les leurs. Puis parcourez la liste des vertus, en essayant d’identifier celles qui vous font le plus défaut : l’amour, la discipline, la compassion, la patience, la sincérité, la paix, le bonheur, etc. 

Wighard STREHLOW, La guérison du corps et de l’esprit selon Hildegarde de Bingen, Saint-Jean-de-Braye, 2002, Editions Dangles, p. 159.

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