Toutes les vertus sont concentrées dans le Christ cosmique, et Hildegarde dit que chaque être humain y a un accès illimité. Le corps du Christ, d’une majesté inouïe, se déploie dans l’univers, sa tête touche les cimes célestes et ses pieds sont posés sur la terre. Elle spécifie : « Je vis un homme d’une immense stature dont la tête se trouvait à la même hauteur que les plus hauts nuages dans le ciel et dont les pieds plongeaient dans les plus grandes profondeurs de la terre. Je le vis ainsi : la tête et les épaules s’élevaient au-dessus des nuages, jusque dans l’éther étincelant. Des épaules aux hanches il était entouré d’un autre nuage éblouissant, qui s’étendait au-dessous de la couche de nuages déjà mentionnée. Des hanches aux genoux il était entouré de l’atmosphère terrestre. Ses genoux et ses mollets se trouvaient dans la région de la terre. Enfin, les eaux des profondeurs recouvraient ses pieds, mais de manière telle qu’ils demeuraient au-dessus de l’abîme. » (LVM I, 3)

L’être humain est comparable à un guerrier disposant d’un certain nombre d’armes spirituelles. Trente-cinq belles femmes l’escortent ; qui figurent les trente-cinq vertus. Hildegarde les désigne sous le nom de « militia Dei », la milice de Dieu, ou forces d’exécution et de protection. Nous pouvons nous adresser à elles pour leur demander leur secours afin qu’elles nous aident à fortifier notre système immunitaire pendant nos luttes contre les virus et les bactéries. Comme l’être humain vit souvent en attitude d’oubli, très loin de la sainteté, il a besoin de se remémorer sans cesse qu’il a part au Christ cosmique. Cette remémoration est possible par le recours à la prière, à la méditation et au jeûne. Mais nous devons également nous soucier de mettre en pratique les vertus dans la vie courante, parce que le bien pour être réel, a besoin de concrétisation sur le plan terrestre. Au travail intérieur ayant pour noms prière, contemplation et méditation, il faut associer l’aide à autrui, car c’est le seul moyen de créer un monde beau, constitué de matière spiritualisée.

Wighard STREHLOW, La guérison du corps et de l’esprit selon Hildegarde de Bingen, Saint-Jean-de-Braye, 2002, Editions Dangles, p.70-71.

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