Paroles curatives de respect

L’amour fait cette réponse au divertissement : « Tu es connu pour ta volupté, tu te laisses aveugler par ton plaisir. Tu n’es que bruit de mort fabriqué par l’homme. Tu es davantage animal qu’être humain. Tu es une créature plus moribonde que vivante, parce que tu ne recherches que les choses séduisantes. Tu es vanité, et encore vanité ; le rire du fou n’est que vanité. Ton œuvre entière est bruit et fumée, et rien d’autre. Tu te comportes si peu en être humain, mais bien plus en animal, le plus souvent en monstre corrompu.

J’en rougis de honte et cherche la protection sous les ailes du Dieu d’amour. Dieu me conduit dans les mystères de ses écritures saintes, et ma vie est influencée par Dieu seul. Mon regard est pur et innocent ; je connais la volonté de Dieu que toi, par ta bêtise, tu ignores. » (LVM I, 15)

Les médias, et notamment la télévision, se payent notre tête. Mais le jeu doit continuer. Non, sans blague ! Les blagueurs et les divertisseurs sont actuellement les gens les mieux payés du monde, tandis que les sages sont plutôt les parents pauvres. Dieu, en nous créant, nous a communiqué sa sagesse, mais il nous a aussi donné le libre arbitre, de sorte que chacun peut la rechercher ou lui tourner le dos. L’empereur Auguste lui-même ne plaisantait-il pas jusque sur son lit de mort ? « Amis, disait-il, applaudissez, le jeu est arrivé à son terme ! »

Le respect crie à l’amour du divertissement : « O saleté ! O bourbier des temps présents ! cache-toi, disparais de mon regard, car mon Ami est né de Marie immaculée. » (SC III, vision 3, 3) Ces propos, à vrai dire, n’ont rien perdu de leur pertinence.

Wighard STREHLOW, La guérison du corps et de l’esprit selon Hildegarde de Bingen, Saint-Jean-de-Braye, 2002, Editions Dangles, p.102.