La loi de la compassion divine (lex divina)

Bien des gens se posent des questions comme celles-ci : « Quel est le dessein de ma vie ? Comment m’y prendre pour vivre heureux ? » La découverte du sens et du bonheur a de tout temps été une préoccupation centrale pour l’être humain. Dans l’Evangile selon saint Matthieu il est dit qu’un docteur de la loi s’approcha de Jésus et lui demanda : « Maître, quel est le plus grand commandement de la loi ? » Jésus lui répondit : « Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, et de toute ta pensée… Et tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Mt 22, 38) Si nous vivons conformément à ce commandement, notre vie aura du sens et nous connaîtrons le bonheur. Albert Schweitzer, qui a passé le plus clair de son existence comme médecin en Afrique, a donné le conseil suivant à des étudiants en médecine américains : « J’ignore de quoi va être faite votre vie, mais je sais que, parmi vous, ne connaîtrons le bonheur que ceux qui se mettront au service d’autrui. » Chez Hildegarde, la vertu nommée compassion ne dit pas autre chose : « Je me porte sans cesse vers l’étranger, le nécessiteux, le pauvre, le faible, le blessé qui gémit. » (SC III, vision 3, 4) 

La pratique de la compassion doit être l’axe central de notre vie. Comme il est dit plus loin dans l’Evangile de saint Matthieu (25, 35-36):

  • J’ai eu faim, et vous m’avez donné à manger » - de la bonne nourriture biologique, non pas de la nourriture traitée aux pesticides ou génétiquement modifiée.
  • « J’ai eu soif, et vous m’avez donné à boire » - de bonnes boissons naturelles, non pas des boissons frelatées.
  • « J’étais étranger et vous m’avez recueilli » -dans une maison saine, en pierre et en bois, non pas en béton.
  • « J’étais nu, et vous m’avez vêtu » -avec des fibres naturelles, non pas avec des fibres synthétiques.
  • « J’étais malade et vous m’avez secouru » - avec des remèdes naturels, non pas avec des médicaments chimiques nuisibles.
  • « J’étais en prison, et vous êtes venu vers moi » - avec compassion pour me libérer de la prison dans laquelle je m’étais moi-même enfermé, et qui a pour noms esprits de dépendance, obsessions, mauvaises habitudes.

Ces sept actes de compassion seront développés dans la suite…

Wighard STREHLOW, La guérison du corps et de l’esprit selon Hildegarde de Bingen, Saint-Jean-de-Braye, 2002, Editions Dangles, p.106-107.