Les sept actes de compassion (lex divina) 6

Non pas dépendant, mais libres.

La société occidentale est prisonnière d’habitudes regrettables. Il y règne la soif du toujours plus, qui est sans limites, jamais étanchée. Cela vaut pour la nourriture, l’alcool, la cigarette, le café, l’argent, le travail, le sexe, les distractions, ou n’importe quoi d’autre. Les désirs se succèdent en rangs serrés et, pour finir, conduisent à la dépendance, à la névrose et à la prison mentale. Chemin faisant, nous perdons à la fois notre libre arbitre et le bonheur. Sitôt un plaisir satisfait, nous aspirons déjà à un autre plaisir. Pour nous libérer de cette spirale infernale –il ne faut pas oublier que nous sommes nés libres-, nous devons nous relier à la puissance de Dieu. Dès que nous cessons de nous accrocher, que nous prenons nos distances par rapport à nos possessions, la vie peut renaître, parce que l’amour des possessions tue véritablement la vie. Trop de voitures, trop de vêtements, des comptes en banque trop fournis, tout cela emprisonne la vie. Les aborigènes ne possédaient pratiquement rien ; les possessions n’étaient pas leur souci. Ils aimaient chanter et danser, se raconter des histoires, peindre. Sommes-nous décidés à ouvrir la porte de notre prison, à laisser derrière nous nos délicieux poisons quotidiens ?

Wighard STREHLOW, La guérison du corps et de l’esprit selon Hildegarde de Bingen, Saint-Jean-de-Braye, 2002, Editions Dangles, p.110.