L’enseignement de la patience

Les remèdes hildegardiens pour maîtriser la colère et l’impatience sont étonnement efficaces. Ils pourraient même révolutionner notre système pénitentiaire, car l’incarcération pure et simple est incapable de réhabiliter les criminels. Avec la psychothérapeutique hildegardienne, les coupables auraient une chance de vraie guérison, car elle leur apprendrait à maîtriser leur colère. Elle permettrait de mettre enfin un terme à la spirale de la violence, d’établir une société de paix, et cela moyennant un coût plutôt modeste.

Ces remèdes, les voici :

  • En cas de colère héréditaire avec ses manières odieuses permanentes : jeûnes stricts, port de vêtement en fibre rugueuse, saunas accompagnés de massages à la brosse.
  • En cas de crises subites de colère non accompagnées de haine : jeûnes modérés, port de vêtements en fibre rugueuse, saunas accompagnés de massages à la brosse.
  • En cas de meurtre par colère :  jeûnes stricts et prolongés, massages vigoureux à la brosse, séjours dans l’obscurité, le tout sous la conduite d’un maître du jeûne.
  • En cas de meurtre par avidité ou avarice : jeûnes stricts et prolongés, massages vigoureux à la brosse, promenades solitaires dans la nature.
  • En cas d’homicide par autodéfense : pratique de jeûnes modérés.
  • En cas de meurtre par ignorance, donc non prémédité (par exemple après une faute professionnelle commise lors d’une intervention chirurgicale) : pratique de jeûnes modérés.
  • En cas de meurtre par étranglement ou par poison : jeûnes stricts et longs, massages vigoureux à la brosse, port de vêtements en fibre rugueuse, isolement complet pendant un certain temps.
  • En cas d’avortement ou de meurtre d’enfant avant (ou après) la naissance : jeûnes stricts, massages vigoureux à la brosse, port de vêtement de fibre rugueuse, temps de solitude complète plus ou moins long.
  • En cas de suicide l’autopunition devient évidemment impossible.

Le repentir ne peut qu’être librement consenti, personne ne peur forcer quelqu’un d’autre au repentir. Il faut néanmoins se rappeler que Dieu n’anéantit aucun être humain, fût-il criminel. Ainsi, à l’un des brigands morts sur la croix en même temps que lui, Jésus promit qu’il serait le jour même avec lui au paradis.

Wighard STREHLOW, La guérison du corps et de l’esprit selon Hildegarde de Bingen, Saint-Jean-de-Braye, 2002, Editions Dangles, p.122-123.