Les raisons de l’auto-agression 2

 Le syndrome de l’intestin poreux : comprendre le principe de l’auto-agression et sortir du cercle vicieux. Dans un organisme sain, le sang est alcalin, c’est-à-dire d’un pH supérieur à 7. Or l’excès de la bile noire acidifie le sang et ainsi déclenche le processus d’inflammation. Ce qui est préjudiciable à la microflore qui, étant perturbée, se met à détruire les bactéries protectrices de l’intestin. La paroi intestinale devient alors poreuse et des substances nocives commencent à se déverser dans le sang. C’est là le début du mécanisme d’auto-intoxication, puis que la matière contenue dans les intestins renferme des substances infectieuses d’origine bactérienne, virale ou protozoaire, ainsi que des substances toxiques et des allergènes. Pour se désintoxiquer, l’organisme devra payer le prix fort. Le foie, par lequel transitent toutes les substances avant leur déversement dans le sang, est ainsi alerté du danger, de même que le système immunitaire, et tous deux se dépêchent de produire toute une armada d’armes sophistiquées pour lutter contre les intrus. En fait, de cent armes différentes (radicaux libres, enzymes, cellules tueuses et nombre d’autres phagocytes) engagent un combat avec l’ennemi. Si l’invasion par la muqueuse intestinale continue, le système immunitaire se verra contraint de fabriquer plus d’armes encore, qui à leur tour pénétreront dans le sang et endommageront les tissus et les organes, qui souffriront d’inflammation par excès d’acidité. Un système immunitaire devenu auto-agressif peut attaquer toutes les cellules du corps. Le phénomène de l’intestin poreux permet de comprendre la genèse des différentes maladies inflammatoires, y compris celle du cancer. Les radicaux libres se révèlent tous particulièrement agressifs ; ils vont jusqu’à pénétrer à l’intérieur du matériel génétique des cellules et détruisent les gènes responsables de la reproduction cellulaire. Dès que le petit chien de garde qui avait pour fonction de veiller au renouvellement cellulaire n’est plus là, les cellules peuvent se multiplier de façon anarchique. En très peu de temps une seule cellule cancéreuse peut se multiplier des quantités de fois, mais il faut un certain nombre d’années (le chiffre varie suivant les cancers) pour que la tumeur devienne visible, qu’elle prenne la taille, disons d’un petit pois. Or à ce stade, il existe déjà des milliards de cellules cancéreuses, et c’est là seulement qu’il y a intervention chirurgicale, chimiothérapie et/ou radiothérapie. A vrai dire, c’est bien tard, la tumeur ayant déjà commencé à se développer. L’on aura ainsi perdu les années précieuses de la gestation de la maladie. Une fois la tumeur enlevée, s’il n’y a pas de changements dans le monde de vie et d’alimentation, elle risque de se reconstituer.

 

Wighard STREHLOW, La guérison du corps et de l’esprit selon Hildegarde de Bingen, Saint-Jean-de-Braye, 2002, Editions Dangles, p.124-125.