Paroles curatives de paix

Les dispensateurs de paix peuvent faire grand bien dans notre monde malade de trop de violence. Ils vivent en paix avec eux-mêmes, parmi l’encens et la myrrhe, et cherchent à éviter chaque jour les pièges du stress et des conflits.

La paix s’exprime en ces termes : « Toi le feu des blessures et de l’insulte, tu n’es que crimes sanglants et claquements de dents ! Tes griefs et tes épreuves font couler tant de sang ! Tu bous de rage et cherches à faire périr le plus possible de gens aimables et bienveillants. Nulle part tu ne trouves de maison de paix et tu n’as pas le moindre désir d’harmonie. Tu vis comme le serpent dans les buissons, d’où tu attaques les gens avec tes armes. Pareille à des vers malveillants (des virus) tu déclenches la maladie et la mort. Mais moi je suis le remède de tous ceux que tu endommages. Je guéris ce que tu blesses. Je méprise tes armes et ta propagande de guerre, parce que je suis une montagne d’encens et de myrrhe sentant bon la paix. Je demeure au-dessus des nuages et attire à moi le bien. Je te rouerai de coups aussi longtemps que tu vivras. » (LVM II, 16) Efforcez-vous de créer une atmosphère de paix comme celle décrite par Pierre dans sa première épître : « Qui veut en effet aimer la vie et voir des jours heureux, qu’il garde sa langue du mal et ses lèvres des paroles rusées : qu’il s’écarte du mal et fasse le bien, qu’il cherche la paix avec persévérance. » 1 Pi 3, 10.

Hildegarde voit la paix sous les traits d’une jeune femme pourvue d’ailes, l’une pour les bons jours et l’autre pour les mauvais jours. Assise en haut d’une montagne, elle regarde au-dessous d’elle les conflits avec innocence. Et la paix dit : « Je ne supporterai aucune tribulation et me tiendrai loin des choses qui me sont contraires. Je n’ai peur de rien ni de personne. Je précipiterai à terre tous ceux qui médisent. Je connais sans cesse la joie et prends du plaisir en toutes choses bonnes. Jésus est celui qui pardonne et console toutes les peines, parce que Jésus a enduré la souffrance dans son corps. (1 Pi 2, 24). Et comme Jésus est juste, je souhaite me joindre à lui et l’accompagner toujours. Je lance loin de moi la haine, l’envie et toutes choses mauvaises. Je veux avoir un visage où se lit la joie, capable de refléter ta justice, ô mon Dieu ! » (SC III, vision 6, 5).

Wighard STREHLOW, La guérison du corps et de l’esprit selon Hildegarde de Bingen, Saint-Jean-de-Braye, 2002, Editions Dangles, p. 154-155.