L’avoine est chaude, elle a un goût piquant et une odeur forte ; elle constitue une nourriture généreuse et saine pour les gens en bonne santé : elle leur donne une âme joyeuse, une intelligence nette et claire, un beau teint et une chair pleine de santé. Pour ceux qui sont un peu affaiblis, mais pas trop, elle est bonne à manger, tant en pain qu’en farine, et elle ne leur fait pas de mal. Mais, pour ceux qui sont bien malades et de nature froide, elle n’est pas  bonne à manger, car elle recherche toujours la chaleur. Et si l’un de ceux-là mange du pain ou de la farine d’avoine, les aliments se coagulent immédiatement dans son ventre et pourraient provoquer en lui des écoulements d’humeurs, sans lui donner de forces, parce qu’il s’agit d’aliments froids. Si quelqu’un est paralysé, et a, pour cette raison, l’esprit brisé et de vaines songeries, si bien qu’il en perd un peu la tête, il faut jeter des pierres brûlantes dans un bain chaud contenant de l’avoine et de l’eau qui a servi à la faire cuire ; répéter plusieurs fois, il reviendra à lui et retrouvera la santé.  

Hildegarde de Bingen, Le livre des subtilités des créatures divines, Physique, Les plantes, les éléments, les pierres et les métaux, Traduit du latin par Pierre Monat, Editions Jérôme Million, Grenoble 2002, p. 32-33.

Avoine