L’orge est froid, plus froid et plus faible que les céréales précédentes. Si on en mange, en pain ou en farine, il fait du mal, tout autant aux bien portants qu’aux malades, parce qu’il n’a pas tant de propriétés que les autres espèces de céréales. Si un malade a déjà perdu presque toutes ses forces, il faut faire cuire à gros bouillons de l’orge dans de l’eau ; conserver cette eau dans une cuve où on lui donnera son bain ; recommencer jusqu’à la guérison : son corps retrouvera ses forces, et il reviendra à la santé. S’il est tellement malade qu’il ne peut manger de pain, prendre de l’orge et de l’avoine en quantités égales, ajouter un peu de fenouil, faire cuire le tout dans de l’eau ; après cuisson, recueillir le jus à travers un linge ; qu’il boive ce jus au lieu de manger du pain, et cela jusqu’à ce qu’il retrouve des forces. 

Si on a la peau du visage dure et rugueuse, et qu’elle se dessèche facilement sous l’effet du vent, faire cuire de l’orge dans de l’eau ; avec ce liquide filtré à travers un linge et réchauffé modérément, se laver doucement le visage ; la peau deviendra douce et lisse, et prendra une belle coloration. Et si quelqu’un a la tête malade, qu’il se lave souvent la tête avec ce liquide, et celle-ci retrouvera la santé. 

Hildegarde de Bingen, Le livre des subtilités des créatures divines, Physique, Les plantes, les éléments, les pierres et les métaux, Traduit du latin par Pierre Monat, Editions Jérôme Million, Grenoble 2002, p. 34.

 

Orge