Pouvoir curatif de la musique 2

L’extraordinaire beauté de la musique d’Hildegarde est certes attribuable au fait qu’elle nous fait entendre la grande symphonie cosmique, qu’elle nous fait découvrir le bel ordonnancement céleste. La musique d’Hildegarde est proche de la perfection mathématique. Pozzi Escot, un mathématicien de Boston, a effectué une étude de la musique de la sainte sur ordinateur. Il a ainsi pu déterminer la structure géométrique qui la sous-tend et a tracé un parallèle entre l’architecture des cathédrales gothiques et les cantiques d’Hildegarde. Les compositions musicales d’Hildegarde sont parfaites, dit-il en substance ; elles ont été composées suivant les proportions du nombre d’or. Chanter ses cantiques nous fait par conséquent vivre l’ordre géométrique céleste. Leur architecture est comparable à celle de la cathédrale de Chartres.

Par conséquence, la belle musique constitue un excellent instrument thérapeutique. Hildegarde explique qu’elle agit à la fois puissamment sur l’âme et jusque sur la moindre de nos cellules. La musique, dit-elle, apaise la rage et la souffrance, répare le corps et l’âme, de telle sorte qu’ils récupèrent leur plein potentiel énergétique (omnia recuperant). Elle ouvre nos sens et notre esprit, et purifie toutes choses (omnia purificant). Elle unifie le monde intérieur et le monde extérieur, et rends toutes choses saintes, intègres et saintes (omnia sanctificat).

En résumé, toutes belle musique régénère, purifie, sanctifie et harmonise instantanément toutes choses, dans le corps et dans l’âme (omnia continent). Elle emmène l’être humain dans les sphères divines, relie harmonieusement la sphère humaine aux sphères divines.

Wighard STREHLOW, La guérison du corps et de l’esprit selon Hildegarde de Bingen, Saint-Jean-de-Braye, 2002, Editions Dangles, p.96-97.