Méditation sur la discrétion

Pour réaliser la vertu de modération, ou discrétion, l’on peut également méditer ce passage de la Genèse (récit du deuxième jour de la création) : « Dieu fit le firmament et il sépara les eaux qui sont au-dessous du firmament d’avec les eaux qui sont au-dessus du firmament. Et cela fut ainsi. » (Gn 1, 7)

Le firmament symbolise la ligne d’or de la discrétion qui sépare la vie quotidienne active, la « vita activa »,de la vie céleste contemplative, la « vita contemplativa ».La discrétion peut se comparer à une échelle d’or menant au ciel. Nos bonnes actions nous conduisent vers le ciel, mais ensuite nous devons redescendre sur terre. L’un et l’autre face de la vie ont leurs joies, parce que Dieu les a établies toutes les deux. « Il y eut un soir, et il y eut un matin : ce fut le deuxième jour. » (Gn 1, 8)

Pour réaliser en soir la vertu de la discrétion, l’on peut aussi méditer ces phrases d’Hildegarde : « La force de discrétion permet de mener toutes choses à bonne fin. Dieu a en effet prévu que tout commencement aura une fin heureuse, puisque des œuvres bonnes non accomplies seraient sans utilité. Chaque vertu présente un aspect céleste et un aspect terrestre ; vivant sur terre, nous sommes encore à tourner nos yeux vers le ciel. »

Pour Hildegarde la force de discrétion est assimilable au « ciel dans l’être humain ». De même que toutes choses belles sur la terre sont éclairées par le firmament, ainsi toutes les vertus rayonnent dans l’être humain. Le corps et l’âme sont tous deux sous le contrôle direct de la discrétion. La discrétion est une vertu capitale ; elle était à l’œuvre dans le deuxième jour de la création. Tout comme le firmament soutient les étoiles et les planètes en s’aidant de la discrétion, ainsi la discrétion est la principale force d’organisation des vertus. » (LDO, vision 5, 29.)

Wighard STREHLOW, La guérison du corps et de l’esprit selon Hildegarde de Bingen, Saint-Jean-de-Braye, 2002, Editions Dangles, p. 167-168.